Salmigondis 2.0 : de l’humour à la viralité en passant par les réseaux sociaux

J’ai passé deux heures agréables avec les membres d’une organisation sans but lucratif qui voulaient connaître mon opinion sur l’utilisation de l’humour sur le net, la viralité et bien entendu les réseaux sociaux. Voici les notes que j’avais préparées pour la rencontre.

Avis: Le salmigondis est “un ramassis d’idées, de paroles ou d’écrits formant un tout disparate et incohérent”. Vous voilà averti(e).

À propos de l’humour

– Votre futur positionnement est excellent. L’humour est un des ingrédients essentiels dans la communication sur les réseaux sociaux entre autres. À noter cependant que si cela peut entraîner une popularité presque instantanée, il s’agit souvent d’une popularité éphémère. (Voir la fiche Mème Internet sur Wikipedia).

– C’est un ingrédient essentiel pour rejoindre les 18 – 35 ans. Voir http://uqammemes.wordpress.com/ou encore http://umontrealmemes.com/. À noter que l’utilisation de “caricatures”, de photographies retouchées rivalisent avec le vidéo qui était autrefois le vecteur principal.

– Humour + Humoriste + YouTube est une très bonne combinaison en effet et ce depuis longtemps sur Internet. Vous connaissez sans doute ce vidéo de Jean-François Mercier produit en 2007 avec ses quelques 950 000 visionnements.

À propos de la viralité

– À mon humble avis, il faut voir la viralité comme un événement exceptionnel qui vient couronner des efforts “persistants” et non comme un objectif en soi. La viralité se produit quand le Thème (le contenu), le Traitement (le contenant) et le Timing (la disposition d’esprit des internautes) est en parfaite symbiose. Cela explique que des organisations ont dépensé sans succès des sommes importantes pour créer un clip viral alors que de simples individus ont connu une renommée planétaire avec des clips d’amateur. Le Star Wars Kid de Trois-Rivières :  versus le lip-dup de l’Union des producteurs agricoles produit dans la foulée du lip-dub des étudiant(e)s de l’UQAM.

– Il faut surtout être en mesure de gérer la viralité. Ce lip-dub de l’hôpital Sacré-Coeur a généré tellement de réponses (soumission de curriculum vitae) que le service des Ressources humaines n’a pas été en mesure de les gérer adéquatement et a créé un ressentiment chez les personnes qui ont répondu (témoignage personnel d’une membre de l’équipe).

– La viralité génère la notoriété mais pas les revenus qui proviennent encore d’un formulaire avec une offre intéressante.

À propos des réseaux sociaux

– Ils sont devenus un ingrédient incontournable de toute stratégie Internet.

– Ils ne se limitent pas à Facebook et Twitter. Linkedin, Flickr, Pinterest, Instagram sont aussi des réseaux à considérer selon les clientèles visées.

– L’important est de créer des espaces dans lesquels les invité(e)s se déplacent selon leurs goûts et besoins; un peu à l’image d’une réception dans une maison alors que certains vont demeurer dans le salon, d’autres dans la cuisine ou la salle de jeux (s’il y en a une ;-).

– Les facteurs de réussite dans l’utilisation des réseaux sociaux : 1) La personnalisation/style (ce ne doit pas être une “organisation” qui parle ou écrit mais bien une personne avec son style et son approche ; 2) L’animation (il faut une ou des personnes pour suivre, répondre, animer) et 3) La persistance (il est illusoire de penser obtenir un succès durable à court terme).

À propos de l’approche
– Utiliser Internet aujourd’hui, et surtout les réseaux sociaux, c’est accepter de ne plus diriger les communications mais plutôt de coordonner les discours/actions de ceux et celles qui nous appuient.

– Chaque organisation a des champion(ne)s qui doivent obligatoirement être écouté(e)s et mis(e)s à contribution.

– Le développement d’un nouveau site (ou d’une page Facebook) devrait idéalement se faire au vu et au su de tous ceux et celles qui sont intéressé(e)s (via un blogue par exemple).

– En cas de conflit entre une opinion de l’interne et une opinion provenant du ou des publics-cibles, c’est cette dernière qui doit prévaloir. Internet est un espace “pull” (je choisis ce que je veux/m’intéresse) et pas “push” (je vais te montrer ce qui fait mon affaire). Il ne doit pas être conçu en fonction des contraintes organisationnelles mais bien des attentes/besoins des publics visés.

– Internet est un univers en constante évolution. Facebook, Twitter n’en était qu’à leurs balbutiements au Québec en 2007; aujourd’hui ils sont incontournables ! … et ils seront supplantés tout comme ils ont supplanté, mais pas remplacé, les “sites”, les blogues. Une organisation doit donc accepter et gérer ses espaces de manière à ce qu’ils puissent évoluer. Votre idée de créer des jeux interactifs est d’ailleurs excellente à ce niveau et si ces derniers sont aussi disponibles sur les plateformes mobiles, vous emprunterez une voie qui prend, selon plusieurs, de plus en plus d’importance.

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